Pourquoi je n’irai pas voter

Cette élection nous est présentée comme éminemment décisive. Après 5 ans de sarkozysme, d’abus, de revirements géopolitiques et matrimoniaux, il est temps de faire le bilan de l’action gouvernementale et de savoir, si oui ou non, nous voulons que le nabot ridicule soit encore président de notre si belle République Française. Pour ma part, je m’abstiendrais une nouvelle fois, non pas que je m’en fiche, mais parce que je refuse de me plier de nouveau au jeu soi-disant démocratique qu’on nous sur vend dans les différents média.

Pour poser plus clairement les faits, j’ai aujourd’hui 28 ans, issu d’une famille de la classe moyenne moyenne, titulaire d’un diplôme d’une « grande école d’ingénieurs ». Conformément à mon environnement social et familial, à mon déterminisme et une fois les errements de jeunesse révolus, je devrais voter à gauche, pas à l’extrême mais PS ou écolo, centre à la limite. Pour le coup, c’est complètement foiré. Ma première expression démocratique eut lieu en 2002, lors du dernier séisme politique qui a secoué notre pays. J’avais voté à cette époque, aux deux tours pour 2 candidats aux valeurs et aux parcours diamétralement opposés, leur point commun résidant dans leur amour de Paris et plus particulièrement des pistes cyclables du 16ème. Lorsque « mon candidat » a gagné au second tour avec un score proche d’un plébiscite, j’ai eu le sentiment de m’être profondément fait avoir. Et c’était le cas. Je ne me suis jamais remis de cette instrumentalisation de la jeunesse, des média, faisant croire à la menace fasciste prête à dévorer notre République. Depuis, je me jure de ne pas aller voter, de ne même pas me déplacer pour blanchir la couleur du scrutin.

Je continue pourtant de suivre le jeu politique, je me tiens informé et aborde les différents programmes des candidats sans forcément d’a priori. J’ai même pris un peu de temps pour discuter avec un militant du conquérant de l’espace, jusqu’au moment où ce dernier me sortit très sérieusement « il faut voir les déchets nucléaires comme un atout ». Devant une telle ânerie, j’ai laissé tomber, surtout qu’il tenait beaucoup à ce que je lui donne et mon mail et mon numéro de téléphone. Non, le cirque médiatique me lasse et me désespère. La viande hallal d’un côté, la sécurité de l’autre, le budget, le déficit, les banques, l’Islam. Et cette dernière affaire, les tragiques tueries de Montauban et Toulouse, à la fois trop gros et trop précis dans le timing pour ne pas penser à une nouvelle manipulation, mais tellement gros pour être pleinement convaincu que c’en soit une. Franchement, comment espérer quoi que ce soit devant une telle litanie ? Tout les thèmes sont abordés, pèle-mêle jusqu’à saturation et incompréhension. Des propositions incohérentes, démagogiques, de futures promesses non tenues voient le jour. Le futur gouvernement ne durera pas plus de 4 ans, pour préparer au mieux la prochaine élection et rattraper les quelques conneries qu’il aura eu le temps de commettre.

Comment peut-on faire confiance à des gens qui n’ont pas pour but le bien commun, mais leur propre image et l’exercice du pouvoir ? Qui parmi ces candidats veut « relever la France », pour reprendre une expression employée par tous ? Qui pour la sortir de ce « marasme ambiant » ? Comment est-il possible de se faire représenter par des pitres qui jouent ainsi avec le paysage médiatique ? Je ne crois en aucune de ces personnes et je ne ferai pas barrage au nabot glorieux en votant pour le flamby flamboyant, la princesse de Saint Cloud ou le vociférant sénateur de gauche. Pour reprendre Aristote, la politique est supérieure aux autres sciences car elle est censée les orienter vers la recherche du bien commun. Il est déplorable qu’aujourd’hui, seulement quelques siècles après ce grand penseur et malgré des évolutions indéniables, nous en soyons réduits à une définition beaucoup plus triviale de la politique. Je préfère m’abstenir, rêvant d’une véritable démocratie athénienne, où les candidats sont choisis parmi des personnes dignes de confiance, qui ne veulent exercer le pouvoir mais qui le font pour le bien commun, pour la prospérité de la cité.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. C’est à Neuilly que la Besancenette a exercé le métier de facteur (à temps partiel).

    Sinon depuis, bah, il s’est fait tué médiatiquement :

  2. petrucciu dit :

    Idéaliser la démocratie athénienne c’est encore être bien naïf… Notre docteur ès histoire de l’Histoire le confirmera certainement.

    Le pro-nucléaire a sûrement le syndrome de « la mouche de Cronenberg »: son séjour prolongé dans une zone de radiation intense l’a petit à petit transformé en mi homme mi déchet.

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