Petit Papi Noël (2)

Première partie : “Pré-réveillon”

2. L’apéro

Ding-dong ! Diiiiing-dong !

               Enfin, c’est pas trop tôt ! Il est plus de neuf heures. Je titube légèrement pour atteindre la porte, ils m’ont laissé le temps d’attaquer franchement l’apéro, je leur avais dit sept heures… Une semaine que je prépare ce foutu réveillon, première fois sans ma femme, c’était un peu compliqué mais je crois m’être bien démerdé. J’ai acheté le plus grand sapin qu’ils avaient chez Leroy-Merlin, tellement grand qu’il touche le plafond. Y’avait pas assez de décorations à la cave alors j’ai investi dans des guirlandes électriques, y’en a même qui font de la musique mais je l’entends pas. On se croirait aux Galleries Lafayette ! À voir les tronches qu’ils tirent, ils sont époustouflés par le boulot que j’ai fait dans le jardin. Encore de la lumière et du fluo partout : sur le portail et les arbres, le long du chemin qui mène à l’entrée, jusque sur le toit ! Ça m’a décrassé un peu de grimper à l’échelle et de bricoler les rallonges…

«PAPI NOËËËËËËL !!!»

               Qu’elles sont mignonnes mes petites filles ! Elles me sautent sur les guiboles et s’accrochent à mes pauvres genoux cagneux, je me retrouve le fute au bas des chevilles ! Papi Noël en slip ça ferait marrer tout le monde sauf que j’en ai pas mis et y’a que moi qui trouve ça drôle ! Et la toute petite qui tente d’attraper mon vieux chibre en demandant à sa mère ce que c’est ! Je me refroque dare-dare, la soirée commence bien… J’embrasse chaleureusement ma fille, toujours aussi resplendissante, on dirait sa mère à la grande époque. Il doit pas s’emmerder mon gendre ! Sacré Patrick, une bonne poignée de main et mon meilleur sourire dentier collé pour lui souhaiter la bienvenue. Il a presque l’air aussi vieux que moi, le con ! Il travaille trop. C’est pas bon pour la santé l’ordinateur, ni pour le moral, d’ailleurs, il fait déjà la gueule. C’est pas que je ne l’aime pas, il n’est pas méchant, il est juste chiant, il a toujours été chiant… Le sapin fait son effet, les gamines dansent autour comme des squaws pour faire tomber la pluie ! Elles veulent d’emblée ouvrir mes cadeaux, va falloir les divertir  le temps que leurs parents ajoutent les leurs… Direction la cuisine, elles vont m’aider un peu, Emma ramène les cacahuètes et Clara les saucisses cocktails, moi, je m’occupe des boissons ! Je connais les commandes : porto pour Séverine, vodka orange pour Patrick et pour les enfants, la boisson des enfants : Coca-Cola ! Du coup, j’en ai plus pour allonger mon cinquième whisky, je me sacrifie… Va pour un sec ! Si Henriette était encore avec nous, elle me soufflerait de calmer le jeu en trempant ses douces lèvres dans la Suze… Il m’en reste un fond de bouteille auquel je ne touche pas, la dernière relique de ma bienaimée. Parfois, quand elle me manque trop, j’ouvre le bouchon pour y renifler un peu, ça sent bon le sucre et la forêt, ça me rappelle la sienne…

Troisième partie : « Le diner »
Quatrième partie : « Les cadeaux »

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